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Oui ! En 2024, j’accepte


Mais qui parle ? Moi, lui, vous ? Bienvenue dans le tronc commun de nos pensées lors du passage à la Nouvelle année. À cette période, certains parlent de vagabondage de l’esprit, de procrastination. Petits joueurs ! En ce qui me concerne, c’est le grand show, un treck mental qui passe par les montagnes russes. 365 jours à feedbacker. Il y a du pain sur la planche.



Après avoir dressé la table des festivités pour honorer le Papa Noël – pardon, je parlais d’honorer notre Seigneur Tout-Puissant ! – mon esprit est monté sur le ring pour se préparer à l’ultime combat de fin d’année. Celui qui nous met en face de nos réalités d’incarnés. Mon ego adore cet espace temps de l’entre-deux-tours, que l’on achève sur son 31. Journées déterminantes pour la plupart des humains qui excellent dans les bilans de l’année écoulée. Ceci leur permet d’en retirer de précieux enseignements afin d’éviter de commettre le pire l’année suivante. Depuis la nuit des temps, c’est bien connu, les femmes et les hommes ne renouvellent jamais les mêmes erreurs.


J’ai donc hésité à faire le bilan de l’économie mondiale de l’année 2023, oscillant entre vous fournir une cartographie des conflits d’ici et d’ailleurs ou celle des mesures liberticides engagées dans notre pays. J’aurais pu aussi vous rédiger une liste des p’tites phrases politico-médiatiques de l’année, enkystées dans des costards et des tailleurs si bien coupés, de décideurs sachants. Mais cette tentative de vous communiquer le bilan des trains qui ne partent pas à l’heure, jugements à l’appui, aurait ajouté une couche de bad trip énergétique à mon p’tit corps. Je me suis ravisé, intimant l’ordre à mon mental de la fermer. Dans un élan spontané, guidé par la générosité et l’amour, enguirlandé d’une playlist lumineuse des chansons de Noël de Sinatra – fermant les yeux sur l’ombre de la Cosa Nostra planante au-dessus de son sourire – j’ai accepté...


... accepté ce que je suis. Qui le fera si ce n’est moi ? Donc, j’accepte d’avoir été submergé par mes désirs de contrôler la situation de l’entre-deux-tours, ma propension au dirigisme, au jugement, à casser des œufs, à la jalousie, au regret, à la procrastination enlisante et j’en passe.

Je fais mon autocritique et j’accepte de la faire avec enthousiasme. Je suis une véritable petite entreprise à moi tout seul. Que dis-je, une holding surplombant une myriade de compagnies aux activités parfois indescriptibles ! J’accepte ma bonté, ma méchanceté, ma folie des grandeurs, mon arrogance, mes pêchés capitaux passés, présents et futurs. En ce 1er janvier, je vais jusqu’à accepter la reconduction tacite de mon contrat de vie dont les articles remontent à des décennies, à ma naissance et au-delà certainement, des héritages invisibles, et qui n’ont jamais été réactualisés. Le pire comme le meilleur, je l'accepte.


Il est si aisé de pamphléter sur la marche du monde, responsable de nos inerties. Ce qui me rappelle le discours, bref mais incisif, d’un ami de tablée du 31. Il me confie qu’il ne supporte plus notre système, ce que sont les hommes devenus. Je le sens désespéré et je n’ai pas de mots, doutant de la véracité des siens, lorsqu’il évoque son départ prématuré pour se libérer. Je me dis que nous sommes bien asservis à notre environnement qui peut entraver notre accomplissement, voire nous arrêter net avant l'heure, nous poussant à nous mettre le canon dans la bouche. Cet ami a pourtant les yeux qui pétillent lorsqu’il contemple la montagne et il a toujours du désir en lui. Alors...


J’accepte ce fatras, mais je suis épuisé d’avoir rempli ce registre de mes avoirs et de mes débits 2023, comme chaque année et comme 90 % d’entre nous s’y emploient. Maintenant, je n’ai plus qu’à rédiger la liste de mes bonnes résolutions pour 2024, comme vous, comme vous, comme vous, et à les appliquer ou pas, comme d’habitude. Déjà en 2022, 2021, 2020… j’avais dressé une liste quasi identique de résolutions et grogné à tout va. Mais cette année, il me semble avoir conscience qu’il est envisageable de bâtir sa propre réalité.


Là, je pose la pierre du changement en reconnaissant cette possibilité. Que se passe-t-il ? Serait-ce le fruit de mon travail de transformation, d'éveil, depuis quelque temps ? J’accepte mon contrat de vie et ainsi je me décharge de toute culpabilité, d’une quête absolue de perfection.

Je me dégage du « peu mieux faire », commentaire inscrit sur mon bulletin scolaire et mon bulletin de vie et qui me met la pression. De toute façon, je ne pourrais mieux faire tant que je suis dans l’avidité pure et dure et l'objectif à tout crin. Il me manque l’amour, le cœur, la passion de l’ouvrage bien fait qui, in fine, nous comble de bonheur. Aussi, en annexe du contrat, j’envisage quelques modifications, si Dieu, l’Univers ou moi me prêtent un peu de volonté pour passer à l’acte.


Bien. Je décide donc de m’accepter tel que je suis et lâche le mors. Plus fort encore, j’accueille ma petitesse. Ce n’est pas moi qui le dis, mais un ex-officier de cavalerie de l'armée française devenu prêtre. Un certain Charles de Foucauld qui l’écrit dans sa prière du « Oui ». Je suis humble face au grand ordonnateur, s’il y a, face à la Mère Nature qui me rappelle qui est la patronne, à coup d’inondations, face à mon âme qui est mon guide suprême après Dieu, les Anges, les constellations… J’accepte tout cela, mais je ne me repose pas pour autant sur les trois branches de laurier de ma prise de conscience tardive de fin d’année. Je ne me balance pas dans mon hamac, dilettantiste, attendant une becquée lumineuse qui m’apportera la sérénité ad vitam.


Je bosse pour suivre le chemin qui semble être celui qui me met en joie. Parce que je suis convaincu que je suis dans ma Vérité, je fais confiance à l’Éternel, à la Loi de l’attraction, à mon libre arbitre, à ce foutu Univers. Je ne gesticule pas. Je suis dans l’action, guidé, et je ne me détourne pas du chemin au moindre éternuement. Le zapping, le doomscrolling, très peu pour moi.

Quant à celles et ceux qui me pointent du doigt, m’indiquent un chemin, me conseillent si bien, s’accrochent à mon pardessus, pleurent dans mes bras, me jugent suffisant, m’idolâtrent, je les accepte tels qu’ils sont et je les confie au Tout-Puissant. Encore une phrase de Foucauld qui fait écho. Non que je me désintéresse de leur existence, mais je ne vais pas appliquer à mon prochain, ce qui m’agace chez certains quand ils jouent les sauveurs. Tout comme pour ma propre vie, j’accepte qu’ils aient à vivre une situation, à dire le mot de trop qui dépasse leur pensée, à dominer pour se sentir en pleine possession de leur incarnation, à bloquer une rue avec leur voiture alors que je suis épuisé (acceptation qui n’est pas gagnée)…

Qui puis-je faire pour eux, si ce n’est activer, spontanément, mon ego distributeur de conseils ? Vais-je créer une association pour les accompagner, un cabinet conseil à 1000 euros la journée ? Chacun son métier. Non, je vais juste blablater et omettre de les écouter simplement avec amour.


Accepter n’est pas se résigner, baisser les bras, abandonner. Le seul combat qui vaille est celui engagé sous le sceau de l’amour, ce, même si l’on prend les armes pour défendre la mère patrie. Car c’est par amour de la liberté, de l’égalité et de la fraternité que l’on rejoint les tranchées. À l’instar de ce que l’on ferait pour sa progéniture, que l’on ne saurait abandonner sur un quai de gare en proie aux ombres qui n’en feraient qu’une bouchée.


Mais qui a écrit cette chronique ? Vous, moi, la Grande Unité planétaire qui s'y retrouve ?

Bonne année en amour et en actions.







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