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À quand les planètes alignées ?


Le téléphone ne sonne plus. C’est la traversée du désert. Nous passons tous par ces épisodes de vie où les planètes nous semblent si peu alignées que le désespoir nous gagne. Période de chômage, rupture affective, blocage de vente d’un bien, silence radio de ses amis, de sa famille, souhait d’une reconversion professionnelle, mais sans avoir une évidence sur le chemin à prendre…, la liste est longue.



Cette traversée peut s’avérer plus ou moins longue, mais quelle que soit sa durée, elle nous semble interminable, car nous vivons dans l’impatience de la révélation, de la concrétisation qui sont des éléments constructifs de notre vie. En l’absence, le vide ressenti est si anxiogène que nous développons des troubles. Il suffit que nous sombrions dans une boulimie de glucose, carburant de notre cerveau, à coup de bonbons, viennoiseries et autres friandises compulsives, pour que le ciboulot soit en pleine effervescence. La rumination quotidienne sur notre incapacité à transformer notre vie devient alors un cauchemar.


Les chômeurs connaissent bien cet état au bout de quelques mois, suite aux réponses négatives à leurs candidatures. Les études ont démontré la perte rapide de la confiance en soi. En moins de six mois, les épaules s’affaissent.

C’est dans ces instants, que d’aucuns qualifient d’aléas de l’existence, de mauvaise pioche ou de tunnel sans lumière, que la pensée positive est recommandée. En théorie, il faudrait s’y coller matin, midi et soir. En pratique, la plupart rament à contre-courant, luttant aux forceps pour extraire de leur mental la gangrène qu’est la capitulation. Mais il ne suffit pas d’un « oui, je peux » pour parvenir à sortir du gouffre. Certes, la pensée est capitale : définir ce que l’on désire, puis l’exprimer à haute et intelligible voix et l’écrire pour laisser une trace. Se répéter cette pensée pour l’inscrire dans toutes ses cellules et la propulser dans l’Univers sans douter. Mais cette action est un coup d’épée dans l’eau, s’il manque l’intention du cœur.


Tout comme il existe des perroquets médiatiques, il en est des spirituels ou du développement personnel. À l’infini, ils ne font que répéter ce qui a été dit, copient-collent en permanence, s’appuient sur la parole des tutos des rois YouTubers, des proverbes en pagaille que l’on accroche sur le réfrigérateur. Ces outils ne sont que des pansements qui, d’un jour à l’autre, se décollent et nous laissent avec nos blessures. Des protocoles bouées de sauvetage qui permettent de flotter tant bien que mal sur notre radeau, mais ne nous font pas monter sur notre navire amiral.


J’entends régulièrement ces poncifs marketés et le désespoir de celles et ceux qui s’en remettent à la vérité des autres. Je sais, ô combien, il est laborieux d’envisager la Lumière au bout du tunnel. Mais il est une vérité, la sienne, dont la traversée du désert fait partie.


Si nous sommes confrontés à ce qui nous semble un mur, regardons-le avec les yeux de l’amour en acceptant de l’avoir bâti nous-mêmes. C’est une vision indécente pour les Hommes. Nous acceptons avec délectation la joie, la success story dans notre vie, mais rarement la souffrance, la maladie, la disette sous toutes ses formes.

Et surtout, nous ne pouvons pas l’envisager comme un service que la vie nous rend pour évoluer. La colère, la frustration, les pensées négatives naissent et croissent, nous fermant davantage aux champs des possibles. Car l’aigreur attire l’aigreur. Il nous est compliqué de reconnaître que nous sommes les créateurs de nos réalités. Nous cédons toujours à la tentation de la victimisation et nous nous en remettons aux autres pour nous sauver de la noyade.


Là est l’impasse. Nous sommes uniques et avons le pouvoir en nous de changer les choses, à condition d’abandonner la remise des clés de notre vie à autrui. Oui, si je vis telle situation, c’est parce que je l’ai choisie, en partie. Accepter ce qui est, permet d'élever son âme. C’est vivre en conscience et savoir que nous pouvons créer le pire comme le meilleur et donc subir les conséquences de nos actes. Elles sont parfois désastreuses sur nos vies, mais aussi une opportunité de transformation. Les envisager ainsi, c’est comprendre qu’une page doit se tourner, que ce qui a été n’était pas la mission de notre vie. Mais il est difficile de se résoudre à abandonner ce qui nous semblait parfait ou presque.


Quand la maladie survient, elle parle de nous. Quand la pénurie se présente, elle nous indique qu’il y a une autre voie à suivre, mais sans nous donner immédiatement le pass pour accéder à d’autres réjouissances en accord avec ce que nous sommes. Oser remercier le cyclone qui ravage notre terre de vie relève d’une gageure.

Alors, c’est l’heure du bilan de compétences pour certains, de la retraite dans un monastère pour d’autres, de la course à pied pour sentir son corps physique bien ancré au sol, ou tout cela à la fois. Entendre ce que la vie veut nous dire. « Mange, prie et aime ! » Même à L.A, qui n’est pas un paragon de foi, la recette a été divulguée par Julia Roberts. Mais inutile de partir en Inde pour se souvenir de son I have a dream qui est dans son cœur, donc sa vérité que l'on peut dénicher ici ou ailleurs.


Déjà, en ayant lu cet édito jusqu’au bout, esquissé un sourire, levé les yeux au ciel, marmonné un « C’est pas faux, mais bon, je ne vois pas trop comment faire… », vous avez engagé le processus. Vous vous êtes reconnus. Ne cherchez pas à comprendre, ne doutez pas que la voie est libre pour vous.


Merci, ai-je dit et entendu...








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